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Quand Martin Scorsese parle, le monde du cinéma tend l’oreille. Sa récente prise de parole sur le Frankenstein de Guillermo del Toro, diffusé sur Netflix, a fait vibrer la toile. Avec ses 88,5 millions de visionnages en à peine cinq semaines, le film semble avoir trouvé son public. Mais au-delà des chiffres, qu’est-ce que cela révèle vraiment sur notre rapport à cette créature mythique et sur la vision singulière de del Toro ?
L’Éternel Retour du Monstre
Frankenstein est une figure centrale de l’imaginaire collectif, un symbole immortel des peurs humaines et des dérives scientifiques. Del Toro, connu pour sa capacité à insuffler une âme à ses monstres, s’approprie ce mythe avec une sensibilité qui n’appartient qu’à lui. Scorsese, en véritable orfèvre du cinéma, soumets cette dimension humaine que del Toro arrive à extirper du bestiaire horrifique. Dans un monde où les adaptations se multiplient sans cesse, cette version a su se démarquer par sa profondeur émotionnelle.
Un Cinéma de la Connexion
Mais pourquoi diable un Frankenstein sur Netflix attire-t-il autant l’attention ? Peut-être parce que del Toro a su capter cette envie contemporaine de connexion et d’empathie. À l’heure où le numérique nous isole souvent plus qu’il ne nous rapproche, voir un monstre chercher désespérément sa place dans le monde fait écho à nos propres quêtes identitaires.
Scorsese, lui-même artisan d’une époque où le cinéma était une expérience collective dans les salles obscures, voit en ce film une manière de réconcilier les générations avec le septième art. La plateforme devient ici un vecteur d’accès plutôt qu’un simple écran parmi tant d’autres. À lire Fuite massive avant Avengers 2026 : Marvel perd le contrôle ?
L’Art de Réinventer
Ce qui frappe chez del Toro, c’est sa capacité à réinventer sans trahir. En revisitant Frankenstein, il offre une version contemporaine qui fait écho aux préoccupations actuelles tout en respectant l’œuvre originale. Scorsese semble apprécier cette fidélité créative qui reste ancrée dans l’essence même de l’histoire tout en y ajoutant une touche personnelle inimitable.
Alors que les plateformes de streaming nous bombardent d’adaptations plus ou moins réussies, le Frankenstein de del Toro se dresse comme un phare dans la nuit numérique. Il rappelle que même au milieu d’une marée de contenus éphémères, certains récits possèdent encore la puissance nécessaire pour nous émouvoir et nous interroger.
En définitive, la véritable question posée ici dépasse le simple cadre du film : comment continuer à raconter des histoires qui nous touchent profondément dans un monde saturé d’images ? Peut-être bien que la réponse réside dans ce savoureux mélange d’innovation et de respect des mythes anciens que del Toro maîtrise si bien. Une leçon dont Hollywood pourrait s’inspirer pour redonner au cinéma toute sa majesté perdue.

