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Depuis le rugissement glaçant du Predator de John McTiernan en 1987, chaque incursion de ces chasseurs intergalactiques sur nos écrans a flirté avec l’idée de nous offrir quelque chose de neuf, tout en retombant fatalement dans le schéma déjà bien rôdé de l’humain contre le Yautja. Mais voilà que Disney, désormais gardien de cette créature mythique, nous propose avec « Predator: Badlands » une nouvelle tentative d’étendre cet univers qui oscille entre fascination et redondance.
Une Traque sans Renouveau?
À chaque nouvelle production, c’est un peu la même rengaine: le Predator débarque, l’humain se débat et, au final, l’un des deux succombe dans une explosion de testostérone et de technologie extraterrestre. Pourtant, l’annonce de « Badlands » avait éveillé un mince espoir. Espoir que cette fois-ci, Disney parvienne à insuffler une dimension supplémentaire à cette traque millénaire. Mais malgré quelques efforts notables pour enrichir le mythe, le film semble peiner à dépasser les recettes éprouvées.
Ce qui frappe d’emblée avec « Badlands », c’est cette volonté de plonger dans un terrain plus viscéral. L’esthétique se fait plus crue, les affrontements plus intenses. On sent que les réalisateurs ont voulu renouer avec la brutalité originelle qui avait fait la force du film de McTiernan. Toutefois, cette intensité ne suffit pas à masquer une intrigue qui peine à surprendre. Le spectateur aguerri ne tarde pas à reconnaître les rouages habituels de la saga.
L’Ombre d’Alien
Il est difficile d’évoquer Predator sans convoquer son jumeau spatial: Alien. Les deux franchises ont souvent flirté à l’écran, mais là où Alien a su se réinventer – parfois avec succès, parfois moins – Predator reste un éternel retour au même scénario. « Badlands » aurait pu être cet opus audacieux qui ose s’aventurer sur les terres d’une narration complexe ou d’un développement plus poussé des personnages. Malheureusement, il reste trop souvent en surface. À lire Fuite massive avant Avengers 2026 : Marvel perd le contrôle ?
Cela dit, n’ignorez pas les tentatives d’innovation qui parsèment le film. Des clins d’œil bienvenus à l’histoire du cinéma de science-fiction émaillent le récit et témoignent d’une certaine volonté d’honorer son héritage. Mais il manque ce souffle épique qui pousse un film au-delà des attentes convenues.
La Quête de l’Originalité
En fin de compte, « Predator: Badlands » nous laisse face à une question récurrente: comment réinventer un mythe sans trahir son essence? La réponse semble encore échapper aux créateurs qui jonglent entre fidélité aux fans et désar de modernité. Peut-être faudrait-il oser davantage pour éviter que ces lignes narratives ne deviennent que l’écho lointain d’une époque où le Predator inspirait vraiment la terreur et non la nostalgie.
Alors que nous quittons les paysages poussiéreux de « Badlands », une certitude demeure: le potentiel pour transformer ces récits existe toujours. Il suffirait d’un regard neuf et audacieux pour ranimer la flamme et faire vibrer notre imaginaire comme au premier jour.

